06 septembre 2006
"Licol" (terminologie)
Le Licol
Ethymologiquement, Le "licol" (ou "licou") signifie "lié par le cou". Le nom vient de la courroie que l'on passait autour du cou d'une bête de somme, dès les premiers temps de l'agriculture, ce qui constituait la solution la plus simple pour l'attacher.
En équitation, le licol constitue une sorte de harnais entourant la tête, attaché sur le haut de la nuque du cheval. On le complète avec une longe (corde) pour tenir le cheval.
Les différents types de Licol
- Le licol classique :
Il est fabriqué en lanières de tissu, ou en cuir. Son utilisation est
quotidienne pour les soins et le transport de chevaux, il est très
utile pour aller chercher un cheval au pré, l’attacher… C’est le licol le plus fréquemment rencontré en France. Il est assez large et peut être rembourré sur la têtière et la muserolle pour devenir plus confortable.
- Le licol en corde :
Un autre mode de fabrication est plus spécifique : il s'agit du licol en corde. Des nœuds accentuent les points de pressions aux points sensibles de la tête de l'animal. Ce licol, par la consistance du cordage et les noeuds est plus plus "sévère" que le licol classique. C’est un licol très utile pour le travail des chevaux à pied et montés.
Le licol au travail
Le licol couvre les parties sensibles de la tête, ce qui permet de
transmettre la moindre pression, et réclame beaucoup de délicatesse, en
particulier avec le licol en corde. Observez la sensibilité d'un cheval
au simple posé d'une mouche sur son visage ...
Il est parfaitement possible d'initier dés son jeune âge un cheval au "langage de la rêne" avec un licol. L'attache de la longe en un point central du licol permet indifférement de travailler d'un coté ou de l'autre de l'animal sans avoir à changer de point d'accroche comme c'est le cas au filet.
Le cheval va apprendre à "céder" à la pression, plutôt qu'à tirer (ce qui évite de se "faire promener" par le cheval ou que celui-ci tire au renard lorsqu’il est attaché), et rapidement comprendre les différentes conduites :
- cavalier à côté du cheval : sans que celui-ci ne le dépasse.
- cavalier devant le cheval (environ 1m) : sans que le cheval ne l' "écrase".
- cavalier derrière le cheval, la longe agissant comme une longue rêne : utile lorsque le passage est étroit et que le cheval doit passer devant.
Chacune de ces conduites s'avèrera utile dans le quotidien d'un cheval domestiqué... Que ce soit au licol ou au filet, cette éducation faite dans le respect du cheval lui apprendra en retour à "faire attention" à l'homme, et à respecter son espace.
Monter en licol
Depuis l'expansion de l' équitation éthologique, certains éduquent les chevaux à être montés en licol à la place du filet. La base est toujours d’apprendre au cheval à céder à la pression du licol dans la bonne direction.
A nouveau, une polémique naît : filet ou licol pour monter ?
Le matériel utilisé dépend de l’équitation pratiquée. Le principal est de ne pas oublier que c’est le cheval qui est au centre du débat et non la polémique sur telle ou telle pratique. Lorsque l’on regarde un cheval, c’est lui qui nous dit : je suis bien, calme, détendu et je ne souffre pas. Monter en licol exige la même écoute de son cheval que monter au filet. Ce dernier peut s'avérer également redoutable si il est mal utilisé.
Pratiqué avec le mesure nécessaire, chaque méthode a du bon : plus le cheval connaît d’expériences, plus il sera polyvalent et ouvert au monde des humains.
Conclusion
Quel que soit le choix de licol :
- Il ne faut jamais laisser le licol au cheval au pré (cause d’accidents).
- Ajuster correctement le licol pour le confort du cheval : pas trop serré pour que le cheval n’ait pas de pression si il n’y a pas d’action, et pas trop lâche pour qu’il ne puisse pas passer un antérieur dedans lorsqu'il se gratte.
- Eduquer le cheval à céder à la pression et à marcher en main avec le licol choisi.
- Rester conscient des implications, pour le cheval, de l’outil utilisé. L'usage du licol doit respecter la règle de base en équitation éthologique : "observer" la réaction de l'animal, et ne pas forcer ! Le cheval est sensible à une pression de moins de 0,2 gramme ...
29 août 2006
"Equitation éthologique" (terminologie)
Nous engageons par cet article une catégorie "Terminologie", qui permettra de définir ou préciser les termes utilisés en équitation éthologique.
Il nous a paru évident de commencer par l'expression elle-même :
Equitation Ethologique
Etymologie :
Appliquée à l’animal, l’éthologie est l’étude des mœurs (ethos) et du comportement individuel et social des animaux domestiques et sauvages.
Il s’agit donc d’une science.
De là est née une polémique sur l’expression « équitation éthologique ». Les puristes y voient un abus de langage pour désigner une forme d’équitation qui n’a rien à voir avec une quelconque pratique scientifique.
C'est juste. Pourtant la formule est entrée dans le langage courant, et exprime désormais simplement l'approche de l’équitation fondée sur la connaissance du comportement équin. L’idée est simple : il s’agit non plus de s’imposer en forçant l’animal à obéir pour obtenir ce que l’on désire, mais d’établir une communication avec lui en accord avec ses instincts naturels.
En ce sens, on parle également d’« équitation naturelle » ou « comportementale ». Le suffixe «_logie » dérivé du grec « logos » , signifie « parole, discours ». On comprend mieux le terme de «chuchoteur», qui fait directement référence au langage, et qui reste largement utilisé pour désigner la pratique de l’équitation éthologique, c’est à dire une équitation fondée sur la communication homme–cheval !
L’approche éthologique n’est pas une nouveauté dans l’histoire de l’humanité. Il s’agit sans doute d’un simple retour à une relation équilibrée avec l’animal, qui s’inscrit dans le mouvement général de redécouverte d’un rapport plus étroit et respectueux de l’homme avec la nature.
Ce qui est nouveau, c’est la codification de ce savoir faire en méthode d'enseignement.
Les méthodes:
En observant les chevaux dans leur milieu naturel, en troupeaux, les « nouveaux maîtres » de l’équitation, John Lyons, Ray Hunt, Monty Roberts... ont défini un code de communication entre humains et équidés. Leur approche s’est largement diffusée dans le monde au travers de livres ou de films, dont le plus célèbre est « L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux », inspiré de l’expérience de Monty Roberts (bien qu'il n'ait pas souhaité le cautionner).
L’équitation éthologique n’est pas une discipline en soi mais est complémentaire de toutes les disciplines équestres : obstacle, dressage, endurance, Trec, randonnée, spectacles, voltige, attelage, courses…
En faisant des émules dans l’ensemble de ces disciplines, les précurseurs ont codifié et diffusé leur savoir pour le transmettre, sous forme de méthode. c’est à dire :
- des étapes de progression
- des outils pédagogiques
- une terminologie appropriée
Chacune a ses particularités, et il n’y aurait aucun intérêt à se lancer dans l’analyse comparée de telle ou telle approche. Elles s'inspirent toutes des mêmes principes de base.
Les principes de base de l’équitation éthologique :
Trois observations principales fondent l’équitation éthologique :
- Le cheval est une proie,
- Il est très sensoriel
- C’est un animal grégaire
Le cheval est une Proie
En tant que proie, le cheval fuit chaque fois qu’il se sent en danger. Cela explique pourquoi il ne supporte pas de rester attaché lorsqu’il a peur (par exemple, le cheval qui tire au renard), pourquoi il fait des écarts ou fuit quand il croise quelque chose qu’il ne comprend pas… Le cheval a besoin de se sentir en sécurité permanente. Pour lui, c’est un instinct de survie, une question de vie ou de mort.
Par son comportement, l’homme doit procurer la sécurité à son cheval dans le mode de vie qu’il lui offre : le calme, la patience, la protection, le respect !
Un animal sensoriel
Le cheval ne possède pas le langage, mais ses sens (ouïe, odorat, vue, toucher, goût) sont très développés. Il entend et voit ce que les humains ne perçoivent pas. Cela explique des réactions incomprises par l’homme. Doté d’un sens de l’observation et d’une mémoire bien supérieure à l’homme, le cheval se rappelle de tout ce qu’il subit, le bien comme le mal. Egalement très sensible aux émotions, il sent une ambiance dangereuse ou négative. Le cheval réagira en fonction des humeurs de celui qui l’approche.
Le cheval ne peut apprendre à « parler » le langage humain. C’est donc à l’homme d’apprendre le langage de son animal : « sentir » ce qu’il ressent, anticiper ses réactions, attendre d’être accepté, se conduire « poliment », réagir en fonction des attitudes du cheval, contrôler les différentes parties du cheval en lui faisant prendre conscience de son corps, parler sa langue ...
Un animal grégaire
Le cheval vit en troupeau, c’est un animal grégaire. C’est encore une question de survie. Chacun remplit un rôle déterminé dans le troupeau. Certains font le guet pendant que d’autres broutent, se reposent, jouent. Le cheval a besoin de relations sociales tels le toilettage mutuel (on voit souvent deux chevaux tête-bêche se mordillant ou se grattant) ou le jeu ...
Chose primordiale pour le troupeau, il existe un « chef » que l’on appelle « leader ». Il a la confiance du troupeau et son respect total, mais aucun n’en a peur. Le leader prendra les bonnes décisions en cas de danger, décidera du lieu de pâture…etc.
L’homme doit se positionner comme le « leader », et donc offrir à son cheval les avantages du « chef » du troupeau, c’est à dire en premier lieu la sécurité et le confort de vie (un cheval doit vivre comme une cheval, a besoin d’étendue, de jeu, etc …).
L’homme tirera une autorité légitime, c’est à dire reconnue par l’animal, par la protection, un comportement juste, la gratification des efforts, le jeu …
Conclusion :
Toute relation de l’homme avec un cheval relève de la domestication. Le cheval n’est plus en situation de vie sauvage.
Mais les instincts subsistent.
Riche de la connaissance sur le comportement équin, l’équitation éthologique s’appuie sur les traits de caractères communs à tous les chevaux pour construire un dialogue particulier avec chaque cheval. On constate un changement flagrant de comportement chez les chevaux travaillés « éthologiquement » : ils sont plus calmes, plus réceptifs, moins imprévisibles.
L’équitation éthologique est fondée sur le respect et la confiance mutuelle homme–cheval. Le cheval devient « partenaire », il donne de son plein gré : L’amélioration des performances en est la conséquence.













