01 février 2007
Embarquement dans le van
L'embarquement d'Océan dans le Van
Il
y aurait beaucoup à dire en ce qui concerne la conception des vans pour
le transport des chevaux. Il est aisé de comprendre que le cheval ne se
sentant en sécurité que s'il peut fuir, lui demander de rentrer dans
une "boîte" à peine plus grande que lui peut poser problème.
D'autre part, si vous savez qu'il ressortira du van, lui l'ignore. Etre attaché pour une durée inconnue dans un espace exigu, généralement sombre, ainsi que les bruits de moteurs et de circulation, sont des facteurs de stress pour lui.
L'éducation à l'embarquement réclame un travail de mise en confiance et de la patience. Cela peut prendre quelques heures, ou quelques semaines, chaque étape tenant compte du rythme du cheval.
Pré-requis :
Vous contrôlez les mouvements du cheval - marche avant, reculer, contrôle de la tête, des hanches et des épaules.
Vous êtes en mesure de réagir si le cheval se cabre, rue ou fuit à reculons.
IMPORTANT : Préférez toujours le licol pour l'embarquement dans le van.
Si vous êtes expérimenté et qu'il s'agit de contrôler un cheval difficile, comme c'est le cas d'Océan sur les photos et vidéos présentées ici, le travail au filet peut constituer une étape. Cependant le filet doit être manié avec "finesse". En risquant de s'accrocher à l'intérieur du van il constitue par ailleurs un réel danger pour le cheval. Ne jamais laisser le filet au cheval une fois embarqué.
Les étapes
- 1. Préparation
Il est facile de repérer à quelle distance le cheval manifeste de l'inquiétude liée à la présence du van. En travaillant à cette distance, le cheval va s'habituer à cette présence jusqu’à ce qu’il n'éprouve plus d'appréhension.
'L'école" consiste à lui proposer une série d'exercices où l'embarquement ne sera que la suite du "jeu" :
- Contrôle de chaque pied
- Préparation au pont (passage d’un pont ou d'une bâche)
- Avancer / Immobilité / Reculer sous contrôle / Arrêt.
Ce sont les mouvements que le cheval sera amené à répéter lors de l'embarquement.
- 2. Approche-Retrait
Le cheval s’approche sereinement du van.
Par "approche-retrait" à proximité du van, en répétant les exercices liés à l'embarquement, le cheval va se familiariser à sa présence :
Vidéo : Approche-Retrait
(Remarquez sur la vidéo l'attention d'Océan pour le van)
- Travail sur le pont
La
première appréhension va concerner le pont. Le but n'est pas
d'embarquer mais de vaincre cette appréhension en laissant le cheval "sentir"
cette nouveauté (pas très naturelle pour lui...), puis, en procédant
pied par pied, d'obtenir son immobilisation sur le pont.

Un puis deux pieds : découverte du van

Trois puis quatre pieds : confiance dans le pont.
Vidéo : Travail sur le pont
La vidéo ne peut montrer le temps entre chaque étape ni la durée nécessaire à la progression des exercices. La "communication" cheval-cavalier est également difficile à montrer : Dominique "anticipe" en permanence sur les réactions d'Océan, afin de conserver le "leadership".
Revoir la vidéo en se concentrant non pas sur le cheval mais sur l'homme, donne un aperçu de la manière dont Dominique conserve à tout moment "l'initiative" :
- Dominique ne "tire" pas sur la longe, mais "demande" une action au cheval. La "pression" est relachée dés que le cheval "pense" à faire ce qui est attendu.
- Prenons l'exemple de l'exercice : un pied, puis
deux pieds sur le pont, et immobilité.... Lorsque Océan réagit à
l'inverse du but recherché (deux pieds puis recul), Dominique
"prolonge" l'exercice jusqu'à ce que le cheval "pense" à s'immobiliser,
même un court instant. Lorsque Océan réagit positivement, Dominique
marque une pause et le félicite.
- Cette démarche ne vaut
évidemment que si le cheval est "prêt" au travail demandé. Il ne s'agit
pas de "contraindre" mais de mettre en situation de "réussite".
Féliciter le cheval devient alors la conclusion la plus fréquente du
travail.
- Le cheval peut avoir des réactions "vives". Il "teste" son cavalier, et "négocie" le leadership. C'est le cas d'Océan (la vidéo ne montre pas les réactions les plus vives, le but n'étant pas de faire dans le spectaculaire). Dans ce cas, conserver le leadership ne signifie pas "insister" à tout prix mais consiste à garder l'initiative en contrôlant le mouvement du cheval puis en obtenant le retour au calme, en situation de reprendre l'exercice.
La vidéo suivante en est un exemple :
Vidéo : Contrôle du mouvement
Dominique
ne "laisse" pas à Océan l'initiative de mettre fin à l'exercice après
avoir reculé. Il contrôle immédiatement le mouvement du cheval et le
"place" face au van en situation de reprendre le travail après une
courte pause. La fin du mouvement est restée à l'initiative du cavalier
!
- Travail dans le van
(Bat-flanc ouvert pour que le cheval ait plus de place au départ. On le refermera lorsqu'il se sera stabilisé dans le van).
Vidéo : Entrer-Sortir
Le van est une situation inconnue pour le cheval. En le faisant reculer à chaque progression dans l'embarquement, le cavalier "anticipe" sur son comportement naturel, qui est de "fuir", avant qu'il ne "pense" à le faire. Quelques secondes suffisent au début pour marquer le succès de l'exercice. Petit à petit, le cheval "comprend" qu'il peut ressortir du van. Il va "faire connaissance", par étape, avec les lieux, et retrouver son calme.
- Transport
La suite de l'apprentissage passera par des étapes progressives avant d'engager un long trajet :
- faire bouger la barre de queue et vérifier que le cheval n’a pas peur,
- fermer la barre de queue,
- fermer le pont (quelques secondes au début),
- aller attacher le cheval,
- rouler : quelques minutes au début, puis prolonger le temps petit à petit...
Lorsqu'il
sera acquis pour le cheval que le van n'est pas un danger pour lui, il
entrera et sortira sans avoir besoin d'être "accompagné", le cavalier
pouvant alors rester à côté du pont. Vouloir obtenir cette situation dés le premier embarquement n'a pas véritablement d'intérêt !
Quelques conseils :
- Ne pas faire cette leçon le jour du départ (concours, vétérinaire) ...
- Proposer au cheval un van en parfait état de propreté,
- Mettre du foin à disposition du cheval dans un filet à foin,
et :
- Enchaîner les étapes au rythme du cheval.
- Respecter la règle N° 1 : votre sécurité et celle de votre cheval.
Remarque importante sur le stick :
Océan
connaît le "stick" qu'utilise Dominique et n'en a pas peur parce qu'il
a suivi les premières étapes d'éducation selon la démarche
éthologique.
Le stick ne sert en
aucun cas à intervenir par le "toucher" sur le cheval. Il agit comme prolongement de la
main du cavalier lorsque celui-ci, placé devant le cheval, veut exercer une "pression" sur son arrière-main pour lui "demander" d'avancer.
Son
utilisation fait appel aux notions de désensibilisation, de motricité,
de mécanique du cheval, et de communication corporelle que nous vous
conseillons d'acquérir auprès d'un instructeur compétent avant de vous
lancer seul dans la pratique avec un cheval non éduqué.
- Conclusion :
Le temps n'est pas une notion
déterminante pour le cheval.
Quelle que soit la durée nécessaire au cheval pour "apprendre" à monter
dans le van, obtenir sa confiance sera un gage de sérénité pour les
futurs embarquements, pour lui, et pour vous...
Océan voyage désormais sans stress...
30 novembre 2006
Education du poulain - Mise du licol
Education du poulain - La mise du licol
Rappel : L'éducation du poulain est une des phases les plus délicates dans la formation du cheval. Ne vous engagez pas dans cette voie sans une grande expérience acquise préalablement auprès de chevaux adultes.
Pré-requis :
L'étape de mise du licol est précédée d'un important travail sur le contrôle du mouvement du poulain durant la phase de travail en liberté. Si vous ne contrôlez pas le poulain, n'engagez pas la mise du licol, vous ne pourriez pas réagir correctement en cas de panique et/ou de fuite.
L'important est que le poulain et vous soyez prêt, c’est à dire :
- qu'il se tienne sans appréhension à vos côtés,
- que vous contrôliez ses mouvements,
- qu’il accepte la pression des mains sur tout le corps,
- que vous soyez capable de rétablir son attention rapidement si il quittait l'exercice, et s'en allait...
Si tel n’est pas le cas, retravaillez la confiance et la relation avec lui. Le temps ne compte pas : l'éducation du poulain est la première expérience du cheval dans le monde des humains, qui aura une inflence majeure sur son comportement dans le futur.
L'exemple de Soheil :
Connexion et contrôle des acquis : Capter l'attention du poulain. Il doit "entrer" dans l'exercice. Avant de penser à mettre le licol, vérifier si le poulain accepte toujours la main. On voit que c'est encore "délicat" pour Soheil ...
C'est mieux...
La tête : le contrôle de la tête est la base du contrôle du cheval. Lorsque le poulain vous "rejoint" mentalement, il vous regarde de ses deux yeux. si vous ne contrôlez pas le poulain, n'allez pas plus loin ...
Contrôle de la tête : flexion à gauche, la tête est un peu haute,
mais c'est un début...
Désensibilisation : présenter le licol au poulain en le lui faisant sentir, puis en lui "montrant" qu'il n'y a pas de danger pour lui. N’hésitez pas à passer le licol en dessous et au-dessus de l’encolure plusieurs fois.
- Mise du licol : Une fois désensibilisé à l'objet :
Engagez la mise du licol en commençant par le bout du nez, puis retirez-le aussitôt, dans le calme et sans précipitation ! Le poulain comprend qu'il ne gardera pas le licol sur la tête toute sa vie.
Répéter l'opération à plusieurs reprises, et de chaque côté.
Faire le geste de fermer la boucle sans la verrouiller. Enlever puis remettre régulièrement le licol, et petit à petit, si tout se passe bien, aller plus loin jusqu'à attacher le licol, très peu tendu.
Recommencer plusieurs fois de chaque côté. Ne pas cesser de retenir l'attention du poulain, pour lui faire "oublier" ce qu'il a sur la tête. L'occuper en permanence : les caresses et la voix pour le féliciter sont importantes tout au long du travail.
Avec de la patience, et par étapes successives, le poulain accepte un licol "un peu plus serré".
Soheil baille, très décontracté pour son premier licol ...
Surtout, bien observer son cheval et arrêter si celui-ci n’est pas prêt, puis reprendre les exercices précédents. Ne lassez pas votre poulain : il vous accordera son attention si vous ne dépassez pas 10 à 15 minutes de concentration par séance...
N'oubliez pas tout ce que vous ne pouvez pas voir sur un
simple exemple dans un blog, en particulier : l'expérience de Muriel, et le temps
passé entre chaque photo pour obtenir et garder la relation avec le poulain. Sachez aussi qu'Altinaï, la mère de Soheil, est
toute proche du rond, son poulain pouvant la voir et la sentir pendant
toute la séance de travail ...
27 novembre 2006
Education du poulain - Marcher en main à la longe
Education du poulain - Marcher en main
( à la longe de licol )
Rappel : L'éducation du poulain est une des phases les plus délicates dans la formation du cheval. Ne vous engagez pas dans cette voie sans une grande expérience acquise préalablement auprès de chevaux adultes.
Apprendre au poulain à "marcher en main" à la longe va lui permettre d'acquérir les différentes conduites utiles dans sa vie quotidienne (soins, entrer–sortir de l'écurie, aller le chercher au pré ...), en comprenant le langage de la longe.
Mais cette phase d'éducation du poulain n'est pas seulement "utilitaire". Elle va assurer la transmission des principes élémentaires de sécurité et de respect dans la relation avec l'Homme, ainsi que l'acquisition des bonnes bases dans la mécanique de la marche chez le jeune cheval.
Pré-requis :
- Le poulain accepte d’être touché sur tout le corps avec les mains,
- mise du licol avec son accord,
- les étapes travaillées en liberté sont acquises (céder à la pression des mains, du licol...)
- La relation de confiance avec le poulain est établie.
Préparation
Prendre le temps de la préparation de l'exercice : Connexion mentale, Mise du licol, Décontraction, Contrôle des acquis (céder à la pression de la main, du licol, marcher en main en liberté ...)
Le poulain doit rester concentré. Vérifier régulièrement qu'il est "avec" vous :
- Désensibilisation à la longe
Dans sa vie, il est probable que la longe finira par toucher la tête du cheval, les fesses, le dos... Plus grave, si vous deviez un jour pour une raison quelconque lâcher le cheval avec sa longe, celle-ci touchera ses jambes. L'animal qui ne connaît pas l'objet risque de s’affoler et de fuir au galop. Plus il galopera, plus la longe s'agitera et l'effraiera. C'est le scénario catastrophe, impliquant la perte de la confiance que vous aurez patiemment acquise.
La désensibilisation à la longe est donc une étape importante, à réaliser avec attention : on arrêtera l’exercice avant que le cheval ne pense à avoir peur.
Désensibiliser le poulain à la longe de la même manière qu’avec le licol. D’abord, plier la longe dans sa main pour qu’elle soit plus petite et qu'elle n'effraie pas le poulain. Lui présenter la longe en la lui faisant sentir, puis, par approches et retraits successifs de la tête, aller jusqu’à pouvoir le caresser avec l'objet. Faire de même sur tout le corps et des deux côtés :
- Marcher en main à la longe de licol
Le poulain va apprendre à céder à la pression de la longe, étape par étape. Tant qu’une étape n’est pas comprise, on revient en arrière et on décompose les exercices.
1 - Contrôle de la tête
Le contrôle de la tête est la base du contrôle du cheval, pour plusieurs raisons :
relation cheval-cavalier : "Obtenir" la tête du cheval, c'est concentrer son attention et conserver son regard sur le cavalier (connexion mentale).
sécurité-respect : Le cheval bouge ses postérieurs dans le sens inverse de la tête. Si il se passe quoi que ce soit conduisant à l'embardée, ruade, ou fuite, le cavalier à pied, en ramenant la tête vers lui, évite le risque de coups de pieds postérieurs du cheval et le contrôle en le faisant tourner sur lui-même. Cette capacité de contrôle du mouvement inculque la notion de respect de l'espace de l'Homme à l'animal.
mécanique : La maîtrise du mouvement de la tête, indépendamment des épaules, est une première expérience de l'indépendance des différentes parties de son corps pour le jeune cheval. Indépendance des parties du corps qui sera ensuite à la base de la légèreté que recherche tout cavalier avec son partenaire, quelle que soit la discipline qu'il pratique.
Sans le contrôle mécanique de la tête, le cheval peut résister, tirer plus tard sur la longe (tirer au renard) et échapper au contrôle du cavalier.
Contrôle de la tête
En se plaçant à côté et dans la même direction que lui (au niveau de la sangle), le cavalier peut observer la réaction du poulain, éviter les mouvements de l'arrière, et contrôler les épaules pour que seule la tête ne tourne (évitant de se faire "marcher sur les pieds").
Tension de la longe vers soi, parallèlement au corps du cheval. La tension doit être constante. Si le poulain ne réagit pas, c'est qu'il n'est pas "avec nous". Ne pas tirer plus fort, obtenir d'abord son attention...
Dés que le poulain pense à tourner la tête, détendre la longe en dépliant le bras vers sa tête.
La caresse récompense la réussite de l'exercice.
La nuance entre sentir quand le cheval "pense" à tourner la tête, et "prendre la tête" (tracter le cheval) est subtile. C'est toute la différence entre équitation éthologique et dressage. Le cheval doit être avec son cavalier, participer, et même prendre du plaisir aux exercices. Si tel est le cas, le cheval le montre par son attitude : il vous suit du regard, anticipe... (on le voit très bien sur la vidéo).
Ne pas laisser la longe trop longtemps. La détacher régulièrement, et vérifier que le poulain "reste" avec vous. Ce doit être pour lui un moment de plaisir partagé avec le cavalier.
2 - Connexion Tête - Hanches
Le contrôle du mouvement par la connexion tête-hanches constitue une étape importante pour les questions déjà évoquées de sécurité, mais surtout, un apprentissage très fin du rôle moteur des postérieurs dans la marche. Le cheval va commencer à faire le lien entre mouvement et poussée par l'arrière...
connexion tête hanches à la longe de licol
Demander la tête, relâcher en l'obtenant, puis se tourner vers le postérieur (connexion à la hanche) avec la longe en main : dés que le poulain pense à bouger, l'exercice est réussi, on relâche la "pression" sur les hanches.
Regarder sur la vidéo comment le poulain anticipe sur le simple mouvement du corps de Muriel. Le langage corporel, utilisé lors des exercices en liberté, est connu du poulain et constitue le plus sûr moyen pour communiquer avec son cheval. La longe est le prolongement de la main pour demander la tête, puis s'efface, comme si le cheval était en liberté...
3 - Contrôle de la marche
L'étape précédente a inculqué le mouvement "sur place" au cheval, en mobilisant déjà ses postérieurs. A mesure que se répète l'exercice de connexion tête-hanches, le poulain va bientôt faire son premier pas.
Attention : La ligne droite avec un cheval en équilibre est une chose très difficile à réaliser, et ce n’est pas l’exercice indiqué lors des premiers pas en main.
Par son anatomie, le cheval porte plus de poids sur ses antérieurs, et
il a tendance à engager la marche en "tractant" par les épaules. En
équitation, cela entraîne un "cheval sur les épaules", avec des risques de
complications musculaires ou de déformation du squelette. Un
cheval "léger" est un cheval qui pousse avec ses postérieurs. En lui
apprenant à le faire dès ses premiers pas, le poulain va muscler son
arrière-main, et acquérir l'automatisme de "pousser" pour avancer.
Conclusion : Ne pas commencer par la ligne droite, le cheval risque d'être dépassé par son poids. Il peut perdre son équilibre et si le cavalier le contrôle mal, le cheval va se mettre à tirer et résister à la pression. Au contraire, déclencher la marche par les hanches (au début, on tourne un peu en rond ... mais c’est une étape normale !)
Premiers pas en main
Le cheval va avancer ses épaules vers l’avant lorsque les postérieurs vont pousser (donner l’impulsion). Un pas, et on s’arrête pour féliciter le cheval... ainsi de suite de chaque côté.
Ne pas aller trop vite dans la progression,
sinon la confiance se casse. Il faudrait alors revenir en arrière ...
4 - Céder à la pression en avant
céder à la longe en avant
Le poulain va désormais se familiariser avec la marche en cédant à la longe en avant : dès qu'il cède, relacher la pression ...
5. Demi-tour, arrêt
Apprendre au poulain à passer devant le cavalier est utile pour la vie de tous les jours (passage étroit par exemple), à condition de pouvoir lui faire faire ensuite demi-tour, et l'arrêter. Cet exercice est également important pour la sécurité. Supposez que votre cheval ait peur de quoi que ce soit et qu'il vous dépasse. Si il ne connaît pas cet exercice, (ni vous ...), il peut vous tirer en avant, vous blesser, ou, si vous lâchez la longe, fuir avec elle dans les jambes...
Passer devant - revenir
le cheval passe devant le cavalier
en lui demandant de pousser avec ses postérieurs et d’avancer tout droit, il dépasse de quelques pas le cavalier qui l'arrête en lui faisant faire face à lui.
Ne lassez pas votre poulain : il vous accordera son attention si vous ne dépassez pas 10 à 15 minutes de concentration par séance...
N'oubliez pas tout ce que vous ne pouvez pas voir sur un
simple exemple dans un blog, en particulier : l'expérience de Muriel, et le temps
passé entre chaque photo pour obtenir et garder la relation avec le poulain. Sachez aussi qu'Altinaï, la mère de Soheil, est
toute proche du rond, son poulain pouvant la voir et la sentir pendant
toute la séance de travail ...
26 novembre 2006
Education du poulain : le premier vermifuge
Vermifuger un cheval
Tout au long de sa vie, un cheval sera amené à la prise de produits par la bouche pour les soins. Les premiers soins du poulain sont une phase essentielle de l'éducation de l'animal. De sa première expérience découlera la suite de son comportement vis à vis de la seringue ...
L 'exemple de Soheil :
Après deux semaines de travail régulier, Soheil est devenu attentif. Il cède à la pression des mains et du licol et accepte qu’on le touche partout sur la tête, même sur la bouche. Le poulain est calme et serein ; si ce n’était pas le cas, il faudrait continuer à travailler avant de penser au vermifuge.
- Obtenir l'attention du poulain avant le premier contact avec la seringue : Soheil trouve l'objet "amusant".
- Désensibilisation à la seringue de vermifuge : le poulain doit accepter en toute confiance le contact avec la seringue de vermifuge sur sa tête et autour de lui (approche-retrait avec l’objet : on approche la seringue et on la retire avant que le cheval ne s’inquiète et ne pense à partir) :
Apprendre à ouvrir la bouche à la demande : au niveau de la commissure des lèvres, mettre le petit doigt en contact et lorsque le cheval pense à ouvrir la bouche, enlever le doigt. Recommencer jusqu’à ce qu’il ouvre la bouche. Puis répéter l'opération avec la seringue :
- Vérifier le contrôle de la tête. Le cheval doit avoir la tête en l'air lors de l'administration du vermifuge :
Injecter le vermifuge (en fonction du poids du poulain).
Pour qu'il ne recrache pas le vermifuge, le cheval doit avoir la tête levée et la bouche propre (enlever les aliments qui restent avec la main) :
Petit détail qui facilite la vie : j'habitue d’abord le poulain à ingurgiter un produit en lui donnant de la compote de pomme en gourde, et je répète l'opération de temps en temps pour ne pas lui ouvrir la bouche uniquement pour le vermifuge (qui n'a pas très bon goût).
Tout au long des soins, parler au cheval pour le rassurer. Tout cela doit se passer dans la confiance. Si ce n'est pas le cas, n'insistez pas... Le cheval n'est pas prêt (ou vous), et reprenez les exercices de mise en confiance pour aller plus loin dans la relation avec l'animal.
On assiste parfois à l'administration en force du vermifuge à des chevaux pris de panique. Un cheval qui refuse la prise de produits par la bouche est un animal dont l'éducation aux soins doit être reprise entièrement !
Le "temps" consacré aux premiers soins du poulain sera rendu sans compter par le cheval devenu adulte ...
19 novembre 2006
Débourrage : "L'autonomie"
L'autonomie - Astrakan
Dans un précédent article sur l'Osthéopathie équine, nous vous présentions Astrakan, cheval Akhal-téké de trois ans en cours de débourrage.
Après le travail dans le rond, les problèmes de raidissement qu'il rencontrait se sont estompés, et Astrakan accepte de marcher et trotter avec son cavalier en toute décontraction.
Le cavalier est capable de contrôler, dans le rond, le mouvement du cheval quelles que soient ses réactions.
Cette étape franchie, il est temps de présenter à Astrakan un autre espace de travail : le manège.
Pour connecter le cheval mentalement, le travail à pied et en longe est indispensable dans ce nouveau lieu. Le cheval "gère" cette nouvelle étape sans cavalier sur le dos.
Lorsque Astrakan est décontracté et serein, Dominique le monte et lui propose des exercices que le cheval connaît déjà : cela le rassure et lui donne des points de repère.
Dominique bouge et touche Astrakan sur toutes les parties de son corps. Le cheval est calme, et sans crainte. Il prend conscience de l'autonomie du cavalier qui le monte et de l'absence de danger pour lui.
L’objectif consiste désormais à éduquer le cheval à sa propre « autonomie » : au départ, on occupe le cheval en lui laissant faire une ou deux foulées libres. Pendant ce temps, dit de « vacance », le cavalier ne lui demande rien. Puis on augmente le nombre de foulées ...
Premiers pas libres dans le manège.
Premier trot.
Cette phase de travail, si elle est bien menée, permet au cheval de « grandir », c'est à dire de se prendre en charge sans être constamment sous la dépendance du cavalier : le cheval apprend à être « autonome ». Au final, le cheval et le cavalier interagissent par le langage du corps. La communication s'établit par la gestion de l’énergie du cavalier, plutôt qu'avec les rênes.
C’est cela « communiquer » avec son cheval !
Nous présenterons au fur et à mesure la progression d'Astrakan...
11 septembre 2006
Débourrage éthologique - Désensibilisation à la selle et au filet
Pésole
Pésole des Cayroux
Cheval de selle né dans le Lot
Le père est trakehner et la mère cheval de selle
Age : 3 ans
Marie-Hélène, la propriétaire de Pésole, connaît bien l' équitation éthologique pour avoir suivi une formation professionnelle chez nous en 2005, et souhaite que son cheval soit éduqué selon ces méthodes. N'ayant pas le temps de l'assurer elle–même, elle nous a confié le débourrage de Pésole.
Lorsque Pesole est arrivé, il était loin de l’homme, se méfiait lorsque nous allions le chercher au pré. En main, il plaçait la tête très haut, signe d’inquiétude, et ne faisait pas attention à ... nos pieds. Il n'acceptait pas qu'on lui touche la tête.
Dominique a beaucoup travaillé "en liberté" sur la désensibilisation pour lui prouver qu’il n’avait rien à craindre. Le travail à permis d'établir une relation de confiance entre le cheval et l'homme. Pesole manifeste désormais du plaisir lorsque nous allons le chercher, et apprécie les caresses...
Les premières étapes acceptées par le cheval, la désensibilisation au filet et à la selle peut commencer.
Révision du travail en liberté
Pésole est prêt, "à l’écoute" dans la décontraction.
Le cheval est calme et accepte le filet.
Après le filet, désensibilisation au tapis puis à la selle. C'est une étape cruciale : avoir quelque
chose sur le dos n'est pas naturel pour l'animal. La pose de la selle, le sanglage et enfin les premiers pas doivent
être contrôlés, la panique pouvant rapidement intervenir. Cette phase marquera
durablement le cheval dans sa relation au cavalier qui le monte.
Premier sanglage, après désensibilisation au tapis.
Contrôle du mouvement.
Après trois minutes de travail, Dominique retire la selle et félicite Pésole par une caresse.
Il est important que le cheval acquière chaque étape avant de continuer le débourrage. Le travail en courtes séquences permet de progresser sans forcer. La gratification est un moyen naturel de renforcer la relation homme-cheval en manifestant la satisfaction du travail accompli.
Désensibilisation au montoir.
Toutes les
réactions passent par le mental. Si le cheval est calme émotionnellement, son physique est détendu, comme ici : queue immobile, attitude de la tête...
Pésole est un très grand cheval, et il va encore grandir. Il ne faut pas contraindre son squelette sous peine de problèmes plus tard. C'est encore un "gros bébé", qui doit prendre le temps de connaître son corps et de mûrir dans sa tête.
Marie-Hélène souhaiterait faire du "dressage" en compétition avec Pésole, qui a de trés belles allures en liberté. Nous travaillerons évidemment à les conserver, mais également à les améliorer en obtenant la "collaboration" du cheval dans le travail avec sa propriétaire.
Nous suivrons Pesole au cours des prochaines étapes…















































